Sécheresse : quels impacts sur la filière betterave en Belgique ?

2018 a été une année particulièrement chaude, sèche et ensoleillée en Belgique. Résultats, les rendements des cultures de betterave sucrière ont accusé une baisse, mais leur concentration en sucres est plus importante.

Historique, hors norme, record. Voici comment pourrait être définie la situation météorologique belge de 2018. Fortes chaleurs et canicule ont entraîné une sécheresse très importante. Pire que celle de 1976 ? Difficile à dire pour le moment mais rien qu’en Wallonie, l’Institut royal météorologique de Belgique recommandait, dans un avis de septembre 2018, de « reconnaître la sécheresse de l’été 2018 comme exceptionnelle ». Les agriculteurs touchés – planteurs de betteraves, mais aussi de maïs, pommes de terre… - devraient pouvoir bénéficier d’aides du Fonds des calamités agricoles, si leurs dégâts se chiffrent à au moins 30% de leur production. Une chose est sûre en tout cas, cette sécheresse a eu des impacts non négligeables sur la filière de production betteravière.

Un rendement betteravier en baisse de 16%

deux betteraves sucrieresMême si le début de campagne n’a pas été décalé et a bien eu lieu en septembre, la Confédération des betteraviers belges (CBB), inquiète, publiait ce mois-là un communiqué de presse dans lequel elle prévoyait un rendement betteravier par hectare d'environ 72,5 tonnes, soit presque 25% de moins que celui de la campagne précédente (2017/2018). En janvier 2019, à la fin de la campagne, les dernières estimations faisaient état d’un rendement de 79 tonnes par hectare, un peu plus finalement que prévu, c’est-à-dire 5,040 millions de tonnes de betteraves sucrières, sur 63 800 hectares ensemencés. Malgré tout, cela correspond tout de même à une baisse de 16% par rapport à 2017-2018 - première campagne de l’ère post-quota sucrier -, qui, rappelons-le, avait été considéré comme une très bonne année en termes de rendements. Des disparités régionales sont à noter puisque les betteraves ont davantage souffert de cette sécheresse dans les territoires aux sols sablonneux (dans les Flandres, la région d’Anvers…).

Précipitations anormalement basses (142 jours de pluie contre 199 habituellement, avec des précipitations moyennes s’élevant seulement à 650,2 mm, c’est-à-dire 25 % de moins que la normale) et ensoleillement excédentaire (1900 heures au lieu de 1500 heures environ) ont caractérisé 2018. L’été, sec et chaud, a quelque peu limité le développement des maladies foliaires telles que la cercosporiose, l’oïdium et la rouille. Mais celles-ci, tout de même parfois présentes, furent plus compliquées à traiter – à cause de la chaleur et du taux d’humidité dans l’air - pour les planteurs de betteraves. Des averses sporadiques, locales mais intenses, ont ainsi pu provoquer l’explosion de foyers dévastateurs sur des parcelles qui n’avaient pas été protégées en raison du faible risque pressenti. La CBB, dans son bulletin Le Betteravier, précise aussi que ces conditions climatiques particulières ont parfois empêché le bon développement foliaire des plantes, et entraîné des flétrissements avec pertes de feuilles.

Des betteraves plus riches en sucre

Mais ces conditions climatiques si particulières ont aussi eu un véritable impact sur la concentration en sucres des betteraves. Ainsi, les dernières estimations (datant de janvier 2019) faisaient état d’une richesse de 18,6°Z (zucker), c’est-à-dire +4% par rapport à 2017. Un taux qui atteint presque le record de 2009, qui s’élevait à 18,65°Z.

Le plat pays n’a pas été le seul à souffrir de la sécheresse l’an passé. C’est aussi le cas de son voisin français. En effet, la Confédération générale des planteurs de betteraves annonçait, à l’automne, une prévision de rendement de 86 tonnes par hectare à 16°Z, alors que celui-ci s’affichait à 96,1 tonnes par hectare l’année précédente (et aussi 16°Z), c’est-à-dire 40 millions de tonnes, contre 46 millions l'an passé. La tendance se confirme aussi à l’échelle de l’Union européenne : - 9% (estimé) par rapport à l’an dernier, avec des disparités entre les Etats puisque ceux du Nord ont été davantage touchés.

Un réel enjeu pour « le futur » des betteraviers

Sécheresse sur des temps longs, diminution des pluies, précipitations très fortes à d’autres moments… tous ces phénomènes climatiques devraient s’intensifier dans les années à venir et les planteurs de betteraves vont devoir se pencher sur diverses questions pour y faire face. Parmi celles-ci : la sélection des variétés (semences robustes, résistantes face aux éventuelles maladies…), la possibilité d’irrigation ou encore la protection sanitaire des cultures en action préventive…

Sources
Confédération des betteraviers belges (CBB) : www.cbb.be
Institut royal météorologique de Belgique
Confédération générale des planteurs de betteraves : www.cgb-france.fr

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